À chaque prise de parole, la question revient. Inlassablement.
« La FFMAS a vingt ans… mais qu’est-ce qui a vraiment changé pour les métiers de l’assistanat ? »
La réponse courte dérange : beaucoup de choses ont changé.
La réponse honnête aussi : cela ne se voit pas toujours.
Et surtout, cela ne se raconte pas encore correctement.
Le poids des clichés : un bruit de fond persistant
Nos métiers évoluent dans un paradoxe permanent.
Ils se transforment en profondeur, mais restent enfermés dans des représentations héritées d’un autre siècle.
Les clichés parlent avant nous, plus fort que nous, et souvent à notre place.
Ils recouvrent nos prises de parole, filtrent nos actions, déforment nos réalités. Peu importe ce que nous disons : l’imaginaire collectif a déjà décidé.
Alors quand on demande pourquoi “rien” n’a changé, il faut parfois retourner la question : a-t-on réellement regardé autrement ?
Ce qui a changé ne fait pas de bruit
Les métiers représentés par la FFMAS ont profondément évolué :
- élargissement des périmètres,
- montée en responsabilité,
- rôle stratégique accru,
- exposition directe aux enjeux de gouvernance,
- hybridation des compétences (organisation, communication, gestion de projet, intelligence relationnelle).
Mais ces transformations ont une particularité : elles sont silencieuses, diffuses, incarnées.
Elles ne s’annoncent pas par des titres ronflants, mais par une posture.
Elles ne se revendiquent pas toujours, elles se vivent.
Or, ce qui ne fait pas de bruit dans un monde saturé de discours est vite considéré comme inexistant.
Dire plus n’a jamais suffi
Depuis vingt ans, la FFMAS parle. Elle structure, fédère, représente, alerte.
Mais l’enjeu n’est plus seulement de parler davantage.
Car tant que les clichés occupent l’espace symbolique, nos paroles sont audibles mais peu entendues.
Le véritable défi est ailleurs :
- changer le récit,
- rendre visible l’invisible,
- nommer ce qui est déjà là.
Il ne s’agit pas de convaincre que nos métiers ont de la valeur.
Il s’agit de déplacer le regard pour que cette valeur devienne évidente.
La FFMAS n’a pas vocation à “changer les métiers”
C’est une incompréhension fréquente.
La FFMAS n’est pas un levier magique de transformation individuelle.
Elle est un espace de légitimation collective.
Les métiers changent parce que les professionnel·le·s changent :
- par leur posture,
- par leur exigence,
- par leur refus de la réduction,
- par leur capacité à incarner autre chose que ce que l’on attend d’eux.
La Fédération accompagne, structure, soutient, donne un cadre.
Mais elle ne peut pas lutter seule contre des décennies de représentations sociales.
Ce que nous défendons depuis vingt ans
Nous défendons une idée simple et profondément subversive : nos métiers ne sont pas ce que les clichés disent d’eux.
Nous défendons le droit :
- d’être reconnus dans la complexité de nos rôles,
- de ne plus être définis uniquement par la fonction mais par l’impact,
- de faire entendre une parole professionnelle alignée avec la réalité du terrain.
Et surtout, nous défendons une posture :
- celle qui consiste à être avant de convaincre,
- à incarner avant de revendiquer,
- à tenir avant de proclamer.
Alors, qu’est-ce qui a changé en vingt ans ?
Ce qui a changé n’est pas toujours visible de l’extérieur.
Mais à l’intérieur, beaucoup ne sont plus les mêmes.
Et peut-être que la vraie question n’est pas « Pourquoi rien n’a changé ? »
mais plutôt : Sommes-nous prêts, collectivement, à regarder ces métiers autrement que par le prisme des clichés ?
Aurore Degoutin
Présidente nationale FFMAS
[Contact]
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