Événement réservé aux entreprises adhérentes FFMAS — Restitution intermédiaire de l’étude Printemps (UVSQ/CNRS)
Vous avez lu ou entendu cette phrase. Peut-être plusieurs fois. « L’IA va faire disparaître les assistantes. » Ce qui est moins connu, c’est qu’une version quasi identique circulait déjà en 1975. Et en 1990. Et au moment de chaque vague technologique majeure depuis quarante ans.
Est-ce que cela signifie qu’il ne se passe rien ? Non. Est-ce que cela signifie qu’il faut relativiser, analyser, et surtout comprendre ce qui change vraiment — par rapport à ce qui ne fait que sembler changer ? Absolument.
C’est précisément l’objet de ce rendez-vous du 2 avril 2026 à 11h.
Un regard sociologique sur des métiers en mouvement
Depuis plusieurs mois, une équipe du laboratoire Printemps (UVSQ/CNRS) conduit une enquête approfondie sur les métiers de l’assistanat. *Marie Benedetto-Meyer, enseignante-chercheuse spécialisée dans l’analyse des transformations du monde du travail liées au numérique, en présente le 2 avril une restitution intermédiaire — en avant-première, aux entreprises adhérentes de la FFMAS.
Pourquoi un regard sociologique ? Parce que les transformations actuelles — sociétales, organisationnelles, technologiques — ne se comprennent pas à travers les seules perceptions du terrain, aussi précieuses soient-elles. La sociologie permet de distinguer ce qui relève d’une tendance structurelle de ce qui relève d’un effet de contexte. Elle permet de nommer ce qui se passe réellement, avec des données, des comparaisons, une profondeur historique.
Et surtout : elle permet d’identifier des leviers. Pas pour que les assistant·es subissent les transformations en cours. Pour qu’elles en soient actrices.
Ce que l’étude commence à révéler
L’enquête s’appuie sur un dispositif solide : analyse statistique de l’enquête Emploi et de TracoV2 (enquête du ministère du Travail), entretiens qualitatifs, observations de terrain et monographies d’entreprises — dont deux grandes entreprises adhérentes, Orange et Natixis, qui feront l’objet de restitutions spécifiques lors de leurs séminaires dédiés à la profession en juin.
Les premiers résultats brossent un portrait nuancé — et à bien des égards surprenant.
Un métier aux mille figures, mais à l’identité paradoxalement forte. Derrière la diversité des intitulés de poste et des périmètres, un socle commun émerge : sens du service comme compétence — pas comme trait de personnalité — travail qui vaut précisément parce qu’il s’efface, mal reconnu mais exercé avec exigence. Un paradoxe constitutif de la profession.
Des compétences réelles, encore trop peu nommées. L’étude les documente avec précision : compétences relationnelles — représenter, anticiper, accompagner — et compétences techniques — gestion de la multi-activité, maîtrise de l’environnement stratégique, transformation numérique. Des expertises que les professionnel·les elles-mêmes désignent parfois comme des « qualités naturelles ». Ce glissement sémantique a un coût.
Un rapport au travail singulier. Les données révèlent que les assistant·es se plaignent sensiblement moins que d’autres catégories professionnelles face aux contraintes et pressions. Ce n’est pas une donnée anodine — elle dit quelque chose sur la manière dont ce métier est habité, et sur ce que l’on est prêt à accepter comme normal.
Et l’IA dans tout ça ? L’étude apporte ici un éclairage décisif : l’intelligence artificielle est un outil — d’aide, d’augmentation de la productivité, d’automatisation de tâches documentaires et d’analyse de données. Elle reconfigure le périmètre. Elle ne dissout pas l’expertise relationnelle, organisationnelle, stratégique. La nuance mérite d’être posée avec rigueur — c’est précisément ce que permet un regard académique.
Ce que cela implique concrètement pour vos organisations
Les orientations qui se dégagent de l’étude pointent vers quatre axes d’action :
- Formation : accompagner la montée en compétences sur les dimensions techniques et organisationnelles
- Légitimité : faire reconnaître ces compétences pour ce qu’elles sont — pas des dispositions, des expertises
- Faire collectif : préserver et structurer la dimension communautaire du métier, mise à l’épreuve par la réorganisation et le télétravail
- Carrière et filière : engager une réflexion sur les parcours, les dénominations, les nomenclatures
Ce sont des questions que vos équipes RH, formation et management ont intérêt à se poser maintenant — avant que les transformations en cours ne les posent à leur place.
Le 2 avril : une opportunité rare
Les restitutions académiques intermédiaires sont rares. Elles donnent accès à une connaissance en construction, avant publication — ce qui permet d’en discuter, de la questionner, d’y confronter vos propres observations de terrain.
Ce rendez-vous du 2 avril à 11h est réservé aux entreprises adhérentes de la FFMAS. Il s’inscrit dans la logique de l’Observatoire Métier : alimenter la réflexion des organisations avec des données rigoureuses, pour que les décisions qui concernent ces métiers soient prises en connaissance de cause.
Vous êtes adhérent·e ? Inscrivez-vous dès maintenant.
Vous n’êtes pas encore adhérent·e ? Cet événement est un exemple concret de ce que l’adhésion FFMAS apporte à vos équipes et à votre réflexion RH. Rejoignez le réseau avant le 2 avril pour y participer.
À propos de la démarche FFMAS
Depuis sa création, la FFMAS agit pour donner de la voix et du corps aux métiers de l’assistanat, du secrétariat et des fonctions supports. À travers des rencontres, des webinaires, des projections et des publications, la fédération accompagne les professionnel·les et les organisations dans leur réflexion stratégique sur l’évolution des métiers, des compétences et des représentations.
Nous serons heureux de vous retrouver nombreuses et nombreux pour ce temps d’échange et de partage autour d’un sujet qui nous concerne toutes et tous, au cœur des enjeux contemporains du travail.
Aurore Degoutin
Présidente FFMAS
*Marie BENEDETTO-MEYER, Enseignante-Chercheuse, Maitresse de conférences en sociologie à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.
